mardi, 04 décembre 2012

Le bouddhisme est souvent présenté comme une philosophie, voire une religion, progressiste et tolérante. Le Dalaï Lama, quant à lui, est considéré comme un être sage, incarnation même de la bonté et de la compassion.

Et pourtant !

Si l'on s'intéresse quelque peu à la condition de la femme dans le bouddhisme, on découvrira bien vite au fil de ses textes fondamentaux et d'autres lectures que, à l'instar des autres religions, le bouddhisme est, lui aussi, empreint de misogynie et de mépris !

Extrait du Canon Pali, un des textes fondamentaux du bouddhisme :

« Aussi le bouddha ne cesse-t-il de mettre ses disciples en garde contre la séduction insidieuse exercée par la femme : "Il faut se méfier des femmes, leur recommande-t-il. Pour une qui est sage, il en est plus de mille qui sont folles et méchantes. La femme est plus secrète que le chemin où, dans l’eau, passe le poisson. Elle est féroce comme le brigand et rusée comme lui. Il est rare qu’elle dise la vérité : pour elle, la vérité est pareille au mensonge, le mensonge pareil à la vérité. Souvent j’ai conseillé aux disciples d’éviter les femmes." »

Extrait de la sûtra du Udayanavatsaraja-parivartah du Maharatnakuta (Conte du roi Udayana de Vastasa) :

« Les femmes peuvent détruire les purs préceptes
Elles s’écartent de l’accomplir des mérites et des honneurs
En empêchant les autres de renaître au paradis
Elles sont la source de l’enfer »


Au sein du bouddhisme, les femmes sont donc reléguées aux niveaux les plus bas des catégories spirituelles.

Mais le mépris le plus odieux est ouvertement exprimé dans certains préceptes de la « Précieuse Guirlande des avis au roi », que le Dalaï Lama (ce saint homme pour certains) cite et approuve dans son ouvrage « Comme la lumière avec la flamme » :

« L’attirance pour une femme vient surtout de la pensée que son corps est pur.
Mais il n’y a rien de pur dans le corps d’une femme.
De même qu’un vase décoré rempli d’ordures peut plaire aux idiots de même l’ignorant, l’insensé et le mondain désirent les femmes.
La cité abjecte du corps avec ses trous excrétant les éléments, est appelée par les stupides un objet de plaisir ».


Voici à présent le témoignage de Tenzin Palmo.

Lorsque Tenzin Palmo se retrouva dans les années quatre-vingt dans le Nord de l’Inde au milieu des réfugiés Tibétains, elle raconte : « L’une des prières principales des Tibétaines a pour objet la renaissance dans un corps d’homme. Elles sont totalement méprisées. C’est tellement injuste. Un jour, je me suis rendue dans un couvent où les nonnes rentraient d’un enseignement donné par un grand lama. Il leur avait dit que les femmes étaient impures et que leur corps était "inférieur" à celui de l’homme. Comment voulez-vous construire une pratique spirituelle authentique lorsque de toutes parts on vous dit que vous n’avez aucune valeur ?
Un jour, j’ai demandé à un grand lama s’il pensait que les femmes pouvaient atteindre l’état de bouddha. Il m’a répondu qu’elles pouvaient presque atteindre cet état, mais qu’à la dernière étape elles devaient prendre une forme masculine pour y parvenir. J’ai alors rétorqué "En quoi un pénis est-il si essentiel pour atteindre l’Éveil ? Qu’y a-t-il de si extraordinaire dans un corps d’homme ?" Puis je lui ai demandé s’il y avait un quelconque avantage à avoir un corps de femme. Il m’a répondu qu’il allait réfléchir à la question. Le lendemain, il est revenu et il m’a dit "J’ai pensé à votre question et la réponse est non, il n’y a aucune sorte de bénéfice à être doté d’un corps féminin". En moi-même, j’ai pensé "L’un des avantages est de ne pas avoir un ego masculin." »


(Source : site "Matière & Révolution")

A la lumière de ce qui précède, peut-on donc considérer le bouddhisme comme une philosophie, ou comme une religion, bien plus ouverte, tolérante et respectueuse, que l'Islam, le Judaïsme ou le Catholicisme ?

Ne nous leurrons pas, dans la quasi totalité des courants religieux, la femme fait toujours l'objet du plus grand mépris. Et si ce ne sont les femmes, ce seront d'autres catégories d'individus (castes, etc...).

Force est de constater, une foi(*) de plus, que les religions (de religare, 'relier') loin de réunir les hommes, n'ont de cesse de les séparer. Et le bouddhisme n'échappe donc pas à cette règle, qu'on le considère comme une religion ou come une philosophie.

Mais, au fait, en est-il vraiment autrement dans nos mouvements occidentaux les plus progressistes et humanistes ? Prenons la franc-maçonnerie, par exemple, et ses constitutions dites d'Anderson de 1723 :

«  The persons admitted Members of a Lodge must be good an true Men, free-born, and of mature and discreet Age, no Bondmen, no Women, no immoral or scandalous men, but of good Report. »

Traduction :

«  Les Personnes admises comme Membres d'une Loge doivent être des Hommes bons et loyaux, nés libres, et d'un Age mûr et discret, ni Serfs, ni Femmes, ni Hommes immoraux et scandaleux, mais de bonne Réputation. »

Depuis lors, la franc-maçonnerie a heureusement évolué... à l'exception de la franc-maçonnerie dite "régulière" qui survit toujours à l'heure anglaise d'il y a près de trois siècles !

Chez les autres, les francs-maçons non réguliers (aussi appelés "libéraux" ou "adogmatiques") il existe depuis relativement longtemps des loges mixtes, masculines ou féminines au sein desquelles règnent le plus grand respect entre les représentants des deux sexes (du moins en principe) même s'ils préfèrent, pour la plupart, "travailler" séparément :  machos d'un côté, féministes de l'autre !

Bref... Personne n'est parfait !



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(*) Non ce n'est pas une faute, le jeu de mot est volontaire


14:10 Écrit par Michel P:. dans Réflexions | Commentaires (0) |  Facebook |

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